Cap sur 2050 : quand la DEAL joue le futur !

Une demi-journée immersive, créative et pleine d’audace

Le 27 novembre, la DEAL a fait un bond audacieux vers l’avenir : une quarantaine d’agents projetés en 2050 pour ré-imaginer la Martinique autrement. Entre invitations énigmatiques, immersion totale dans le serious game « Escape Game DEAL – Mission 2050 : l’Odyssée des possibles » créé avec MEDUSA – Avenirs Souhaitables et soutenu par le FMATE, et un atelier artistique vibrant mené par Flora (ACCE Evolution), la demi-journée a pris des airs d’expédition collective vers des futurs possibles. Une expérience inspirante, inédite en Martinique et taillée pour essaimer. Retour sur un moment où la direction a ouvert la porte… à demain.

Le FMATE, un laboratoire pour transformer l’action publique

Cette demi-journée immersive a pu voir le jour grâce au Fonds de Modernisation de l’Administration Territoriale de l’État (FMATE), un dispositif national piloté par le ministère de l’Intérieur pour soutenir les projets innovants portés par les services de l’État.

Ce fonds a pour objectif d’accompagner les administrations dans leurs transformations en finançant des actions expérimentales visant à moderniser les pratiques managériales et organisationnelles, renforcer l’implication des agents, améliorer la qualité du service public ou encore, encourager l’innovation, la coopération et l’anticipation des transitions.

La DEAL, un projet pilote en Martinique

La DEAL Martinique est la seule lauréate FMATE 2025 en Martinique, parmi 52 projets sélectionnés au niveau national.
Grâce à ce soutien, elle a pu tester une forme inédite et ludique de sensibilisation à la transition écologique, faisant des agents les premiers explorateurs d’un futur 2050.

Un laboratoire pour demain

Pensée comme une expérimentation reproductible, cette action a vocation à être améliorée grâce aux retours des participants (questionnaire diffusé par courriel), puis déployée auprès d’autres administrations de l’État.
Vous avez été les premiers à vivre cette expérience : demain, d’autres collègues pourront, à leur tour, imaginer l’avenir des politiques publiques… en s’inspirant de vos idées.

Pour aller plus loin
MEDUSA – Avenirs souhaitables

Notre partenaire pour cette action, MEDUSA – Avenirs souhaitables est une association qui conçoit des expériences ludiques et immersives pour aider à imaginer des futurs souhaitables face au changement climatique. À travers des jeux, des outils créatifs et des démarches collectives, elle invite à dépasser les récits fatalistes pour ouvrir le champ des possibles.
Son jeu de rôle Récilience, en cours de production, situé en 2050, a inspiré l’univers de l’escape game vécu à la DEAL, en proposant une projection réaliste et stimulante des adaptations humaines à venir.


Sources inspirant l’univers du jeu

Voici quelques références mobilisées par MEDUSA pour concevoir les scénarios et solutions explorés durant le jeu :

  • Madin’O – Solution martiniquaise de potabilisation de l’eau
  • 6ᵉ rapport d’évaluation du GIEC (2023) — Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat
  • Permaculture (Tomes 1 & 2) — Bill Mollison & David Holmgren, 1978
  • L’entraide, l’autre loi de la jungle — Pablo Servigne & Gauthier Chapelle, 2017

"Nous sommes en 2050…" : une invitation pas comme les autres

Tout a commencé par une série de messages intrigants :
"Cap sur 2050 ! La Martinique est autonome, solidaire, connectée à la Caraïbe. Les inégalités ont disparu… mais l’administration de la VIIᵉ République manque cruellement de bras. Heureusement, vous êtes là ! "

À l’initiative de la directrice de la DEAL, la promesse était claire : vivre un moment de cohésion inédit, sous forme d’expérience immersive, pour réfléchir de manière ludique aux futurs possibles de nos missions.

Le 27 novembre, dès midi, l’ambiance était posée autour d’un buffet convivial partagé avec l’équipe d’animation de MEDUSA – Avenirs souhaitables et avec Flora Éliazord (ACCE Évolution), nos partenaires pour la demi-journée, pour plonger directement dans l’univers du jeu.

Mission 2050 : un escape game… administratif !

Des citoyens tirés au sort, un formulaire A38… et beaucoup d’imagination

Plongés dans un futur possible de la Martinique, les agents participants ont été répartis — par tirage au sort — en six équipes. Chacun s’est vu attribuer un rôle, parfois sérieux, parfois volontairement décalé : scribe, coach, médiateur, orateur, représentant de l’intérêt général ou encore lobbyiste issu d’un futur imaginaire ("végétaliseurs" de Trinité, pêcheurs de la baie du Galion, ou promoteurs de la filière bambou…).

Encadrés par les membres de MEDUSA – Avenirs souhaitables, qui incarnaient pour l’occasion les administrateurs de la VIIᵉ République, les participants étaient chargés d’accomplir une mission : remplir le fameux formulaire A38, indispensable pour construire le programme d’action 2051 de l’île. Et c’est Germaine Papillon, fonctionnaire imaginative et délicieusement désuète — incarnée par MEDUSA — qui veillait au bon tamponnage des documents, dans un clin d’œil humoristique aux clichés administratifs dont il fait bon, parfois, rire un peu.

Un jeu sérieux, joyeux et résolument prospectif

Ateliers thématiques, défis collaboratifs, analyse de scénarios, débats d’équipe…
L’univers était volontairement décalé, pour mieux libérer la créativité : une Martinique autonome, résiliente, solidaire, interconnectée à la Caraïbe, où les transitions écologiques et sociétales ont profondément transformé les modes de vie.
Les ateliers alimentaient progressivement la réflexion collective. Chaque équipe devait imaginer :

  • les mobilités et infrastructures du futur,
  • les formes urbaines et les habitats résilients,
  • les modèles agricoles et alimentaires,
  • les modes de gouvernance et de coopération,
  • et les choix d’adaptation face aux effets déjà visibles du changement climatique.

Défis collectifs, créativité, exploration de solutions étonnantes ou audacieuses…
Les équipes se sont prêtées au jeu jusqu’à la dernière séquence : le grand discours final.

Les voix du futur : six orateurs pour six visions de 2050

Désignés eux aussi par tirage au sort, les orateurs ont porté la voix de leur équipe, en s’appuyant sur les propositions élaborées en commun. Voici quelques extraits des propositions inventives et parfois poétiques qu’ils ont défendues — parmi de nombreuses pistes abordées lors des ateliers.

Équipe 1

Entre inventivité et pragmatisme, l’équipe propose une île misant sur des mobilités sobres : tyroliennes pour relier les quartiers escarpés, traction animale pour les transports de proximité, voie maritime renforcée pour les marchandises.
Pour l’eau, un retour à des solutions simples mais efficaces : charbon de coco pour la filtration et potabilisation.
Un tableau d’adaptation ancré dans les ressources locales.

« Nous misons sur des solutions simples, efficaces et sobres, qui s’appuient sur nos ressources ».

Équipe 2

Cette équipe imagine des logements bioclimatiques, une île largement revégétalisée, des coopérations intercommunales pour échanger et réutiliser les matériaux.
Le fil conducteur : bâtir autrement et mieux, en limitant l’empreinte environnementale et en renforçant la solidarité entre territoires.

« Nos maisons respirent, nos quartiers reverdis sont solidaires, et rien ne se perd : tout se transforme, ensemble. »

Équipe 3

Dans un récit immersif, presque intime, l’équipe raconte le quotidien d’une famille vivant déjà « le monde de demain » :

  • on n’habite plus Fort-Royal, mais les mornes ;
  • on cultive une agriculture de proximité fondée sur l’autoconsommation, les racines, parfois les insectes ;
  • on vit plus lentement, dans la sobriété joyeuse, le partage, la créativité.
    Le message central : changer de mode de vie, adapter les implantations humaines, accepter des déplacements de population là où les conditions deviendront difficiles, toujours dans un esprit de solidarité.
« Nous avons choisi la sobriété joyeuse, le temps retrouvé, la vie commune. »

Équipe 4

Ici, retour assumé à des méthodes anciennes, mais réinventées :
pas de climatisation, énergie solaire partout, fours solaires construits à partir de véhicules hors d’usage, récupération systématique de matériaux.
Pour l’eau : capter, réutiliser, et même développer des marais salants pour produire du sel, ressource utile pour conserver les aliments.
Un avenir frugal et ingénieux.

« Nous faisons avec ce que nous avons, nous valorisons nos déchets, nous réduisons nos besoins : la sobriété est une force. »

Équipe 5

Sur un ton d’adresse citoyenne, l’oratrice appelle à des décisions ambitieuses fondées sur quatre maîtres-mots : récupération, sobriété, économie circulaire, autonomie.
L’équipe imagine des ressourceries, de petites unités de démantèlement, une formation accrue des jeunes, des habitats sur pilotis, la restauration des mangroves, des réseaux gravitaires pour l’eau, et surtout : de petits villages autonomes, intergénérationnels, résilients, reliés par des services de proximité.

Équipe 6 — une envolée lyrique pour conclure

Dans un dernier tableau imaginaire, l’oratrice campe la surprise d’un habitant arrivant à « Foyal » en 2050 : des bateaux venant des îles voisines, des charrettes descendant des mornes, des voitures transformées en abris, des habitations sur pilotis, des chants qui résonnent partout…
Une vision poétique, presque cinématographique, d’une capitale réinventée.

La journée s’est poursuivie en salle Césaire/Aliker, où Flora Eliazord, connue des agents de la DEAL pour les ateliers et séminaire de la Team iDEAL en 2024, a animé un atelier artistique inspiré du jeu.
Grâce à une sélection d’archives, photos et articles préparée par Patricia Etinof, documentaliste-archiviste de la DEAL, les agents ont créé deux grandes fresques mêlant collages, peinture, tags et fragments d’imaginaires.
Ces œuvres ont été exposées lors des vœux du 13 janvier, pendant lesquels ont été également présentés les résultats du concours photo.

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