Surveillance des oursins diadèmes en Martinique : appel à observations

La DEAL Martinique invite les acteurs du milieu marin et les usagers de la mer à contribuer à la surveillance des populations d’oursins diadèmes (Diadema antillarum) sur les récifs coralliens martiniquais. Les observations constituent une source d’information précieuse pour suivre l’état de santé de cette espèce et détecter rapidement d’éventuels épisodes de mortalité.

Une espèce clé pour l’équilibre des récifs coralliens

L’oursin diadème est un herbivore essentiel des récifs coralliens des Caraïbes. En se nourrissant d’algues, il limite leur prolifération et favorise la croissance et le recrutement des coraux. Sa présence contribue directement à la bonne santé et à la résilience des récifs coralliens.
Lorsque ses populations diminuent fortement, les algues peuvent rapidement coloniser les récifs et perturber l’équilibre de l’écosystème corallien.

Carte d’identité de l’Oursin diadème :

  • Embranchement : Echinodermes
  • Famille : Diadematidae
  • Description : il porte de nombreuses épines fines, longues (jusqu’à 30cm) et extrêmement pointues, noires et occasionnellement blanches (voire striées chez les juvéniles)
  • Habitat : sur le sable, les herbiers, les récifs
  • Profondeur : 0 à 45m
  • Comportement : grégaire, il se rencontre souvent en groupe notamment dans la journée et se nourrit d’algues

Des épisodes de mortalité observés dans la Caraïbe

Au début des années 1980, une épizootie majeure avait provoqué la disparition de la quasi-totalité des populations d’oursins diadèmes dans la région caraïbe, des Bermudes jusqu’en Amérique du sud, avec 97 % de mortalité par endroits.

En 2022, la Martinique, comme de nombreuses îles de la Caraïbe, a été touchée par un nouvel épisode de mortalité massive. Les individus atteints perdaient rapidement leurs épines avant de mourir en quelques jours, entraînant parfois la disparition totale des oursins sur certains sites.

Cartographie des signalements du 31 août 2022

La cause de ces épizooties

Depuis 2023, les travaux scientifiques menés à l’échelle internationale ont permis d’identifier l’agent responsable de cette épizootie : un protozoaire cilié appartenant au groupe des scuticociliés, proche de l’espèce Philaster apodigitiformis. Ce parasite microscopique infecte les tissus des oursins et provoque la perte rapide des épines, caractéristique de la maladie.

Pour plus d’informations :

Une vigilance maintenue

Après l’épisode majeur de 2022, un nouvel épisode de mortalité, de moindre ampleur, a été observé en 2025 dans certaines zones de la Martinique.
Même si les populations d’oursins semblent se maintenir sur plusieurs sites, ces événements rappellent que les récifs restent vulnérables à l’apparition de nouvelles épizooties.
La surveillance des populations d’oursins diadèmes constitue donc un enjeu important pour le suivi de l’état écologique des récifs coralliens.

Signes de la maladie :

  • l’oursin se détache du substrat ;
  • ses épines se détachent (la perte d’épines est le premier signe visible) ;
  • son squelette blanc devient apparent ;
  • des prédations peuvent être observées (par des vers de feu ou des poissons) ;
  • s’en suit la mort de l’oursin.

Appel à observations : participez à la surveillance de l’état de santé des oursins diadèmes !

Afin d’améliorer la détection précoce d’éventuels épisodes de mortalité et de mieux comprendre l’évolution des populations, la DEAL Martinique invite les apnéistes, plongeurs et usagers de la mer à remonter toute observation signalant des oursins vivants, malades ou morts au lien suivant : Diadema Health Report (arcgis.com)
(Le questionnaire est disponible en français, anglais et espagnol, en suivant le lien et en modifiant la langue sur l’icône en haut à droite)

Il vous sera demandé de transmettre les données suivantes :

  • la date de l’observation ;
  • la localisation du site ;
  • le nombre approximatif d’oursins observés ;
  • la présence éventuelle de symptômes ou de mortalité ;
  • si possible, des photographies.

Les bons gestes pour les plongeurs

Pour limiter les risques de propagation de pathogènes :

  • avoir une bonne flottabilité et ne pas toucher aux oursins, vivants ou morts, ni aux autres animaux du récif ;
  • favoriser la location de matériel dans le club choisi afin d’éviter le transport de germes d’une île à l’autre
  • désinfecter l’ensembre du matériel de plongée entre chaque plongée ;
  • signaler toute observation inhabituelle d’oursins malades ou morts.

Autres oursins communs dans la Caraïbe

Il y a quelques autres espèces d’oursin dans la Caraïbe dont la plupart ont le même habitat que l’oursin diadème. D’autres espèces comme l’oursin crayon ou l’oursin blanc peuvent également montrer des signes de maladie. C’est pourquoi il est important de signaler tout comportement ou signes inhabituels.

Un enjeu pour les récifs martiniquais

La mobilisation des acteurs de terrain et des usagers de la mer est essentielle pour mieux comprendre l’évolution des populations d’oursins et contribuer à la préservation des récifs coralliens martiniquais.

On compte sur vous !

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