Les espèces protégées

En Martinique, 38 espèces végétales sont protégées par l’arrêté ministériel du 26 décembre 1988. C’est peu au regard de la richesse floristique présente sur le territoire et du nombre d’espèces menacées. Les spécimens sauvages des espèces listées par arrêté ministériel ne peuvent être ni détruits, ni coupés, ni mutilés, ni arrachés, ni cueillis, ni transportés, ni utilisés, ni vendus sous quelque forme que ce soit (tige, feuille, fleur, fruit, racines).

Exemples d’espèces protégées :

Certaines de ces espèces font l’objet de Plans Nationaux d’Actions (PNA). Le PNA est un outil stratégique visant à améliorer l’état de conservation de l’espèce par la réalisation de différentes actions de sensibilisation, connaissance et conservation et la mobilisation des acteurs du territoire.
Les PNA de Martinique sont pilotés par la DEAL et animés par le Conservatoire botanique national de Martinique.

Plan national d’actions en faveur de l’Estrée de Saint-Pierre (Polygala antillensis)

Polygala antillensis est une espèce endémique de l’île de la Martinique. Elle est communément connue sous le nom d’Estrée de Saint-Pierre. Cette espèce est considérée comme étant « en danger critique d’extinction » (Livre rouge des plantes menacées aux Antilles françaises, Bernard et al., 2014).

L’Estrée de Saint-Pierre n’est connue que d’une seule station depuis 1902 sur un Morne à l’est de la ville de Saint-Pierre. Elle croit dans un habitat plutôt mésophile, les individus se trouvant sur un bord de route entourés de falaises et de végétations, à une altitude avoisinant les 100 m. Cette station a malheureusement été fortement impactée par les défrichements répétés pour l’entretien des bords de la route. Ce sont, avec les conséquences de l’éruption de la montagne Pelée en 1902, les principales causes de raréfaction de cette espèce en Martinique.

Afin de sauvegarder au mieux P. antillensis, il est urgent d’améliorer les connaissances sur cette espèce endémique (biologie, niche écologique réelle, rôle fonctionnel au sein de son écosystème originel) et sur son habitat naturel et de proposer des actions de conservations adaptées. Le Plan national d’actions a pour objectif l’amélioration de l’état de conservation de cette espèce endémique fortement menacée.

Projet de Plan national d’actions en faveur du Cerisier montagne (Eugenia gryposperma) et de l’Ananas bois (Aechmea reclinata)

Deux autres espèces endémiques en danger critique d’extinction font également l’objet d’un PNA multispécifique, il s’agit du Cerisier montagne (Eugenia gryposperma) et de l’Ananas bois (Aechmea reclinata), toutes deux situées dans les habitats mésophiles du sud de la Martinique.
Document à venir

Projet de Plan national d’actions en faveur des espèces menacées des ripisylves

Les ripisylves constituent un habitat soumis à des pressions humaines fortes (destruction, urbanisation) ainsi qu’à la menace des espèces exotiques envahissantes. Elles comportent des espèces végétales rares et menacées, pour lesquelles des actions de conservation sont nécessaires. Souvent méconnu et négligé, cet habitat joue également un rôle important dans le fonctionnement écologique du cours d’eau et dans la continuité pour la biodiversité.
Document à venir

Réintroduction de la liane à barrique en milieu naturel

La liane à barrique (Tanaecium crucigerum), tire son nom de l’usage qui en était fait par le passé. En effet, de par sa solidité, les lianes faisaient office de cordages pour cercler les barriques et également solidifier les canots. Cette espèce est évaluée, selon les critères de l’UICN, en danger critique d’extinction.

Les principales menaces qui pèsent sur cette espèce sont notamment les espèces exotiques envahissantes, la destruction de son habitat et le pâturage.
En Martinique, elle n’est connue que sur deux secteurs : Bellefontaine où une population fait l’objet d’un arrêté de protection de biotope et le Marin où des individus ont été découverts très récemment.
Dans le cadre de ses missions de conservation des espèces rares et menacées, le Conservatoire botanique national de Martinique a rédigé un plan directeur de conservation. Une des actions phares de ce PDC est la création de néo-populations sur des secteurs où l’espèce était connue par le passé afin d’améliorer l’état conservatoire de l’espèce.
C’est ainsi, que fin août, des plantations ont eu lieu sur les communes de Case-Pilote et le Carbet en bord de rivière qui constitue son habitat de prédilection.
D’autres plantations sont programmées et un suivi des néo-populations est réalisé afin de s’assurer de la bonne reprise des individus.

Il s’agit de la première opération de réintroduction d’une espèce végétale protégée en Martinique.

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