Hiérarchisation des EEE

La hiérarchisation des espèces exotiques envahissantes est une étape importante pour la lutte contre ces espèces : elle permet de les classer selon leur dangerosité, de constituer une aide pour les processus décisionnels et de mettre en place les mesures de gestion adaptées (prévention de l’introduction, surveillance et détection précoce, éradication).

Les EEE végétales

Les EEE végétales de Martinique ont été hiérarchisées selon la méthode « échelle d’invasibilité de Lavergne » élaborée par le Conservatoire botanique national de Mascarin.
Cette méthode de hiérarchisation permet de classer les différentes espèces en fonction de leur présence dans les milieux naturels et leur degré d’envahissement.

L’échelle de Lavergne décrit 9 niveaux d’invasibilité.

Niveau 5 très envahissante, dominante ou co-dominante dans les milieux naturels
Niveau 4 moyennement envahissante dans les milieux naturels
Niveau 3+ envahissante en milieu anthropisé + présence en milieu naturel
Niveau 3 envahissante uniquement dans les milieux anthropisés
Niveau 2P potentiellement envahissante montrant un comportement envahissant
Niveau 2 potentiellement envahissante ne montrant pas encore un comportement envahissant
Niveau 1P non envahissante mais connue envahissante ailleurs
Niveau 1 non envahissante
Niveau 0 non évaluée

Un travail de hiérarchisation mené par le Conservatoire botanique national de Martinique, l’ONF et la DEAL a été réalisé sur l’ensemble des espèces exotiques et a permis de définir le niveau d’invasibilité de 115 espèces.
Environ 1200 espèces exotiques restent à évaluer.
Ce travail nécessite une bonne connaissance de la répartition de ces espèces sur le territoire.

Niveau 5 11
Niveau 4 17
Niveau 3+ 25
Niveau 3 23
Niveau 2P 2
Niveau 2 17
Niveau 1P 11
Niveau 1 9

Les EEE animales

La hiérarchisation des EEE animales est plus complexe à mettre en œuvre car il est difficile de mettre sur le même plan les grands groupes faunistiques comme les mammifères, reptiles, oiseaux etc. dont les caractéristiques biologiques sont complètement différentes.

Deux méthodologies ont été élaborées par des experts du groupe de l’ISSG (Invasive species specialist group) :

  • la méthode EICAT propose un cadre normalisé pour évaluer et prioriser les EEE selon l’ampleur de leurs impacts environnementaux ;
  • la méthode SEICAT prend elle en compte les impacts socio-économiques des EEE dans les territoires d’introduction.

En 2020-2021, la DEAL et l’OFB ont travaillé sur une méthodologie de hiérarchisation alliant les deux méthodologies citées ci-dessus, c’est-à-dire qui prenne en compte les impacts environnementaux, sociaux et économiques. Ce travail a permis de répondre à deux besoins :

  • prévenir l’introduction sur le territoire de nouvelles espèces potentiellement invasives et répondre aux besoins des agents chargés du contrôle aux frontières en leur fournissant une liste d’espèces pour lesquelles ils doivent redoubler de vigilance ;
  • prioriser les actions de lutte sur les espèces les plus problématiques déjà présentes en Martinique :
    • lutte précoce si l’espèce n’est pas encore naturalisée ;
    • contrôle de la propagation de l’espèce si elle est naturalisée et bien implantée.

L’évaluation du niveau hiérarchique des espèces s’est basée sur l’attribution d’un « score d’invasibilité » allant de 0 (risque d’invasion et d’impact faible) à 14 (risque d’invasion et d’impact très élevé) obtenu grâce à la prise en compte de 6 critères principaux : les impacts environnementaux, économiques et sanitaires, la capacité de reproduction de l’espèce, son usage et son appartenance ou non à la liste des 100 espèces les plus invasives au monde. La faisabilité des opérations de lutte et la perception du public ont également été prises en compte.

Ce travail a permis d’identifier, parmi les espèces inscrites à l’annexe de l’arrêté du 7 juillet 2020, les espèces invasives absentes de Martinique considérées comme étant les plus dangereuses en termes d’impacts écologiques, économiques et sanitaires. Voici quelques exemples de scores attribués suite à la hiérarchisation (cliquer pour agrandir l’image) :

L’issue de ce travail est un guide richement illustré par des photographies des EEE les plus dangereuses pour le territoire, à destination des agents chargés des contrôles aux frontières.

Ce travail a également permis l’élaboration d’un guide à destination du grand public permettant de présenter les espèces les plus problématiques, leurs impacts et les mesures de gestion les concernant.

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