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Un Plan National d’Actions en faveur de l’Estrée de Saint-Pierre

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publié le 6 mai 2021

Le Plan National d’Actions Polygala antillensis (Estrée de Saint-Pierre) sera le premier PNA flore mis en œuvre dans les Antilles françaises. Ce PNA a pour objectif d’améliorer l’état de conservation de cette espèce endémique fortement menacée.

Cette espèce méconnue du grand public symbolise l’éruption de la Montagne Pelée et ses conséquences tant sur le plan humain que sur les milieux naturels. Ce plan national d’actions donnera lieu à des opérations de réintroduction de l’espèce dans son habitat naturel et sera le fruit d’un partenariat étroit entre un conservatoire botanique « hexagonal » et un conservatoire botanique des outre-mer.

Polygala antillensis est une espèce endémique de l’île de la Martinique. Elle est communément connue sous le nom d’Estrée de Saint-Pierre.

Peu d’informations sont disponibles sur cette espèce avant l’éruption de la montagne Pelée de 1902. Actuellement, cette espèce est considérée comme étant « en danger critique d’extinction » (Livre rouge des plantes menacées aux Antilles françaises, Bernard et al., 2014). Elle fait également partie des espèces protégées par un arrêté ministériel, sur la liste régionale de la Martinique depuis le 26 décembre 1998

L’Estrée de Saint-Pierre n’est connue que d’une seule station depuis 1902, sur la côte sous le vent, sur un Morne à l’Est de la ville de Saint-Pierre. Elle croît dans un habitat plutôt mésophile, les individus connus se trouvant sur un bord de route et entourés de falaises et de végétation, à une altitude avoisinant les 100 m. Cette station a malheureusement été fortement impactée par les défrichements répétés pour l’entretien des bords de la route. Ce sont, avec les conséquences de l’éruption de la montagne Pelée en 1902, les principales causes de raréfaction, voire d’extinction de cette espèce sur l’île de la Martinique.

Afin de sauvegarder au mieux l’estrée de Saint-Pierre, il est urgent d’améliorer les connaissances sur cette espèce endémique (biologie, niche écologique réelle, rôle fonctionnel au sein de son écosystème originel ) et sur son habitat naturel et de proposer des actions de conservations adaptées.

Ainsi, les objectifs des actions proposées dans le PNA sont :

  • mettre à jour l’état des connaissances sur la biologie, l’écologie, la génétique et la répartition de l’espèce ;
  • maintenir et développer les collections ex-situ en favorisant la multiplication notamment avec l’appui scientifique du CBN de Brest ;
  • procéder à une réintroduction de l’espèce dans un habitat favorable à son développement et suivre l’évolution de ces populations ;
  • améliorer l’image et la connaissance de l’espèce et ainsi ses problématiques de conservation auprès du grand public, des propriétaires et des gestionnaires.

Il est piloté par la DEAL Martinique et animé par le Conservatoire botanique national de Martinique.
Il a reçu un avis favorable de la part du Conseil national pour la protection de la nature et devrait prochainement être soumis à la consultation du public.