Logo préfècture région
DEAL MARTINIQUE
Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement

Connaissances des EEE végétales

publié le 4 août 2020

Les plantes ornementales

Les plantes constituent une ressource essentielle en terme de nourriture et de matière première pour divers usages. Toutefois, les plantes possèdent également des valeurs affectives, symboliques, religieuses.

Le jardin partage ces mêmes valeurs et presque toutes les cultures y voient un espace sacré. Dans la conception judéo-chrétienne, le jardin constitue une forme de représentation du paradis en imitant le jardin d’Eden. Dans le "Librio de la vida" de Thérèse d’Avila, le jardin est le lieu ultime de la jouissance spirituelle. Le jardin japonais quant à lui, ne peut être parcouru que par le regard.

Valorisation des espèces autochtones

La région caribéenne est identifiée comme étant un point chaud de la biodiversité. C’est à dire qu’elle cumule une forte richesse en terme de biodiversité et également de fortes menaces.

Du point de vue végétal, on y recense 11 000 espèces de plantes vasculaires qui présentent un taux d’endémisme de 72 %.

Toutefois, au niveau ornemental, on assiste à une homogénéisation de la ceinture intertropicale. Que l’on soit en Martinique, à Mayotte ou à Tahiti, on retrouve le flamboyant (Delonix regia), l’arbre du voyageur (Ravenala madagascariensis), la trompette d’or (Allamanda cathartica), le ti’flamboyant (Caesalpinia pulcherrima) ou encore l’amandier pays (Terminalia catappa).

Avec pour objectif de valoriser la flore locale, la DEAL réalise un guide pour les aménageurs. Ce travail vise plusieurs objectifs, le premier consiste à plus utiliser la flore native qui participe à l’identité culturelle antillaise. Le second, du point de vue paysager en incitant à la diversité plutôt qu’à l’uniformisation. Le troisième, d’ordre écologique car la diversité favorise l’adaptation aux changements. Enfin, l’utilisation d’espèces locales permet indirectement la lutte contre les espèces exotiques envahissantes qui aurait pu être ainsi propagées.

Plantes ornementales et espèces exotiques envahissantes
Fabaceae Delonix regia en grand format (nouvelle fenêtre)
Fabaceae Delonix regia
Streliziaceae Ravenala madagascariensis en grand format (nouvelle fenêtre)
Streliziaceae Ravenala madagascariensis
Apocynaceae Allamanda cathartica en grand format (nouvelle fenêtre)
Apocynaceae Allamanda cathartica

Les espèces exotiques envahissantes

Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme étant la deuxième cause de perte de biodiversité à l’échelle mondiale. La DEAL en collaboration avec le Conservatoire Botanique de Martinique a élaboré une liste d’espèces problématiques. Parmi celles-ci, plusieurs sont bien connues et parfois largement utilisées dans les jardins et aménagements.

On peut notamment citer le bambou (Bambusa vulgaris), le tuliper du Gabon (Spathodea campanulata), la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes), la canne d’eau (Hedychium coronarium) ou encore la zèb maltèt (Kalanchoe pinnata).

La prolifération d’espèces exotique envahissante entraîne généralement une diminution de la biodiversité par élimination des espèces moins compétitives. A plus grande échelle on assiste à une uniformisation générale des peuplements et des paysages. Dans l’état actuel des connaissances, il est quasiment impossible de prévoir quelles seraient les conséquences à long terme de l’élimination de quelques espèces d’un écosystème. Il est possible que l’extinction d’une seule espèce, jouant un rôle déterminant puisse compromettre la pérennité d’un écosystème en altérant les mécanismes d’autoéquilibre qui assurent son fonctionnement.

Une EEE préoccupante : Miconia calvescens

Miconia calvescens est originaire du Mexique et fait partie de la famille des Melastomatacées. Il est appelé « Cancert vert » en Polynésie française où il a provoqué la disparition de la forêt locale au profit d’un couvert arboré monospécifique.
En Martinique, cette espèce a été introduite fin des années 80, dans le Jardin des Ombrages à Ajoupa-Bouillon en raison de ses caractéristiques ornementales.

En 2017, des individus de Miconia calvescens ont été observés dans le milieu naturel, l’abandon du Jardin des Ombrages et le cyclone Dean ayant favorisé son expansion. Cette espèce a également été détectée sur les berges de la rivière Falaise.

Miconia calvescens représente une menace pour les forêts de la Réserve Biologique Intégrale de la Montagne Pelée.
En vue d’enrayer cette situation, la DEAL a lancé une consultation en 2018 pour mener un chantier de lutte (déracinement, abattage et brûlage des individus) sur le Jardin des Ombrages. C’est l’ONF qui a eu la charge de réaliser ces travaux dans des secteurs souvent escarpés et difficiles d’accès.
Le chantier a duré une semaine et a permis de « nettoyer » un secteur de plus de 6 hectares.
Aucun produit phytosanitaire n’a été utilisé dans le cadre de ce chantier et toutes les précautions ont été prises pour éviter de disséminer passivement les graines (rinçage quotidien des outils, vêtements et chaussures dans l’eau salée).

La plaquette présente les principales caractéristiques de la bio-écologie de Miconia calvescens et les modalités pour l’éliminer si vous le rencontrez.

Télécharger :
Plaquette MICONIA CALVESCENS (format pdf - 1.6 Mo - 11/03/2019)
Plantes ornementales et espèces exotiques envahissantes
Fabaceae Acacia auriculiformis en grand format (nouvelle fenêtre)
Fabaceae Acacia auriculiformis
Fabaceae Dichrostachys cinerea en grand format (nouvelle fenêtre)
Fabaceae Dichrostachys cinerea
Bignoniaceae Spathodea campanulata en grand format (nouvelle fenêtre)
Bignoniaceae Spathodea campanulata

Mise en garde vis à vis des espèces toxiques

Les plantes, parce qu’elles sont « naturelles », sont très souvent considérées comme non dangereuses. Cependant, les toxines végétales font partie des stratégies de défense chimiques pour lutter contre les herbivores. Un plante est considérée comme toxique lorsqu’elle contient une ou plusieurs substances nocives pour l’homme ou pour les animaux et dont l’utilisation peut provoquer des troubles variés plus ou moins graves.

En moyenne, en France, les intoxications par les plantes représentent 5 % des cas recensés dans les centres antipoison. La classe d’âge des enfants de 1 à 4 ans est la plus représentée. Ceci s’explique par le fait que la perception de leur environnement se fait essentiellement par un test gustatif.

Chez l’adulte, la cause d’intoxication accidentelle la plus fréquemment signalée reste l’erreur d’identification. Toutefois, une mauvaise utilisation de plantes aux propriétés thérapeutiques est de plus en plus signalée.

Dans les Antilles françaises, près de 200 espèces végétales toxiques ont été recensées. Certaines sont bien connues comme le mancenillier (Hippomane mancinella), le ricin (Ricinus communis) ou encore le « mort aux cabrit » (Hippobroma longiflora), dont le nom est assez explicite.

Selon les espèces, la toxicité peut se transmettre soit par ingestion, cas le plus fréquent, soit par contact, par exemple avec le « pwa graté » (Mucuna pruriens) et les belles plantes ne sont pas les plus inoffensives. De même qu’il pourrait paraître impensable de border un jardin d’enfants ou une cour de récréation avec des cactus, il faut éviter de les aménager avec des plantes à latex corrosif comme la canne d’eau (Dieffenbachia seguine) ou des plantes donnant des fruits avec des couleurs vives pouvant attirer les plus jeunes comme la liane réglisse (Abrus precatorius).

Espèces toxiques
Campanulaceae Hippobroma longiflora en grand format (nouvelle fenêtre)
Campanulaceae Hippobroma longiflora
Fabaceae Abrus precatorius en grand format (nouvelle fenêtre)
Fabaceae Abrus precatorius
Euphorbiaceae Hippomane mancinella en grand format (nouvelle fenêtre)
Euphorbiaceae Hippomane mancinella

Flore dulçaquicole

Dans le cadre d’une actualisation des connaissances sur la flore dulçaquicole exotique envahissante, la Société d’Histoire naturelle L’Herminier (SHNLH, Nantes) et la Direction de l’Environnement, de l’ Aménagement et du Logement (DEAL, Schoelcher, Martinique) ont engagé un inventaire visant à établir une liste des plantes dulçaquicoles exotiques envahissantes et préciser leur répartition, pour tenter de dresser un état de l’envahissement des écosystèmes aquatiques par cette flore.
Cet inventaire s’intègre dans le programme de lutte contre les espèces exotiques envahissantes terrestres et marines dans les départements et collectivités d’outre-mer, de la Stratégie nationale pour la Biodiversité.

Télécharger ici la contribution à l’ inventaire de la flore dulçaquicole de la Martinique (format pdf - 2 Mo - 04/08/2020) .