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Paysage Eau Biodiversité

Les eaux littorales et milieux marins

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publié le 12 mai 2011 (modifié le 12 décembre 2012)
Anse Couleuvre (nord)

En Martinique, les eaux côtières correspondent à un linéaire de 350 km de côtes dont 50 km de plages, 70 km de constructions récifales, et de nombreuses zones d’herbiers. Elles constituent un pôle touristique important, une zone d’activités économiques, mais surtout un patrimoine faunistique et floristique très riche. Le littoral constitue le réceptacle de l’ensemble des écoulements continentaux et donc aussi des charges polluantes produites par les activités humaines de tous types et des matériaux emportés naturellement. Ces flux de polluants affectent directement et indirectement la faune et la flore marines.

Les baies s’avèrent particulièrement sensibles, du fait d’une courantologie ne favorisant pas la dispersion et la dilution des flux polluants. La maîtrise des pollutions toxiques, bactériennes et des flux de sédiments s’avère indispensable pour préserver les milieux, les secteurs de baignade et de plongée, les zones de pêches et contribuer à la pérennité des activités portuaires. De façon générale, la connaissance du milieu marin martiniquais reste à développer, les données existantes étant disparates et hétérogènes.

Les eaux de transition correspondent essentiellement en Martinique aux zones de mangrove et aux étangs du sud de l’île (les salines).

plage des Salines (sud)

La mangrove constitue une spécificité biologique tropicale qu’il convient de préserver, de par l’importance de ses fonctions biologiques notamment (rôle de nurseries). Outre les altérations physiques directes, ces zones sont probablement impactées par les flux polluants issus des activités terrestres. Sur l’étang des Salines, on constate des teneurs préoccupantes pour certains métaux lourds dans les sédiments.

Les mangroves, un milieu fragile et peu connu

Tollu Guillaume Baie du trésor Martinique

L’état d’un milieux peut s’appréhender sur la base de la biologie qu’il abrite. C’est le principe de la bio-indication. En Martinique, une première étude sur la faune fixée (épibionte) sur les racines de palétuviers, dans les mangroves, a été lancée en 2010, sur 2 années, pour étudier la possibilité de développer un tel bio-indicateur.
Cette étude s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) dont l’un des principes est la mise en place d’un programme de surveillance des milieux. Pour cela, le développement d’outils adaptés au climat, à la faune et la flore spécifique des milieux tropicaux est nécessaire.

Outre l’application directe dans le cadre de la Directive, cette étude permettra une meilleure connaissance des écosystèmes suivis. Un premier inventaire des spongiaires (éponges) de mangroves a été à cette occasion réalisé.
L’étude porte sur huit sites de mangrove présentant des caractéristiques différentes, situés autour de l’île. Quatre campagnes de suivi ont d’ores et déjà été réalisées et l’étude est en cours de finalisation.

Les réseaux d’observation

1 Le RNO :

Le Réseau National d’Observation de la qualité du milieu marin (RNO) a pour objectif l’évaluation des niveaux et des tendances des contaminants chimiques et des paramètres généraux de la qualité du milieu, ainsi que la surveillance des effets biologiques des contaminants.

Le réseau RNO-Hydro

Ce réseau a été mis en place en 2001. Il se décompose en deux parties : le réseau RNO-hydro avec un suivi mensuel de la physico-chimie générale sur 8 points et le réseau RNO-matière vivante qui suit les micropolluants dans l’huitre de palétuvier sur 4 points (dans les mangroves du Lamentin, de Ducos, du Marin et du Robert). Vous pouvez obtenir plus d’informations sur le site de l’Ifremer .

En Martinique, la mise en oeuvre du RNO-Hydro est assurée par la DDE/CQL (Direction départementale de l’équipement / Cellule qualité des eaux) qui valorise ces informations dans le cadre d’un rapport annuel.

Le RNO-Rivières Vivantes est remplacé depuis 2009 par le ROCCH (Réseau d’Observation de la Contamination Chimique) et est réalisé sous maitrise d’ouvrage de l’Office de l’Eau.

2 Le REPOM :

En Martinique, la mise en oeuvre du Réseau national de surveillance de la qualité de l’eau et des sédiments des ports maritimes (REPOM) est assurée par la DDE/CQL. Au sein du REPOM, 6 stations sont suivies, avec une fréquence annuelle pour l’eau et bi-annuelle pour les sédiments.

c) Le réseau IFRECOR (Initiative Française pour les REcifs CORalliens) :

Ce réseau assure un suivi qualitatif des biocénoses marines benthiques (c’est-à-dire des récifs coraliens) ainsi que des peuplements de poissons, sur 4 stations. Le dispositif correspond au réseau de l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR). Il est géré par l’Observatoire du Milieu Marin Martiniquais (OMMM).

Le réseau de référence DCE [1] (à partir de 2007)
Comme pour les autres masses d’eau, la DCE prévoit la mise en place d’un réseau de référence constitué de stations qui ne subissent pas de pressions anthropiques pour déterminer le bon état écologique de référence. En Martinique, le suivi de ce réseau à débuté en 2007.

Le réseau de surveillance DCE
Le réseau de surveillance répond au besoin de suivi de la qualité des milieux aquatiques exprimé par les états membres de l’Union européenne dans la DCE. Il doit permettre de donner une image de l’état général des eaux côtières et de transition, qualitatif et quantitatif, et de son évolution sur le long terme, de façon à évaluer les conséquences des modifications des conditions naturelles (changement climatique) et des activités humaines.

Le réseau opérationnel

A terme, un réseau opérationnel sera également déployé afin de suivre les masses d’eau qui risquent de ne pas atteindre le bon état en 2015.

[1Directive Cadre Europeènne